slow cinema aidant
HUMEURS, SLOW LIFE, TEMOIGNAGES

“FALLING” Premier film de Viggo Mortensen

“FALLING” de Viggo Mortensen devait sortir ce mercredi 4 Novembre.

J’ai eu la chance de voir ce film en « avant première » au Grand Prix Cinéma ELLE 2020 mi-septembre.

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Jurée au Grand prix du Cinéma ELLE – Septembre 2020

Quand on a été aidant, quand on est aidant d’un parent qui perd son autonomie mais garde une partie de sa lucidité, comment ne pas se projeter dans ce film et ressentir le désarroi ce ce fils dévoué? Pourtant, le film ne se réduit pas à cela, et ce qui se passe et s’exacerbe dans ces moments de fin de relation. Il évoque toute la palette des sentiments qui colorent une vie : les relations parents enfants, la famille, la nature, l’amour et la perte de l’amour.

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Voici le résumé/critique que j’avais fait, bouleversée, à la sortie de la salle. ….Bouleversée aussi car pour cause de crise sanitaire, Viggo Mortensen n’avait pu en personne venir présenter le film – nombreux cris de désespoirs dans la salle – et nous avait à la place adressé un message vidéo touchant et sincère… Un regard empli d’intelligence et de bonté, un français impeccable, la grande classe ….Inspirant .

FALLING : premier film sincère et poétique

Qu’est ce qui fait qu’on aime un « homme des bois »? Une certaine douceur dans le regard, un rapport à la nature. Qu’est ce qui fait qu’on n’aime plus un « homme des bois » ? Une forme de violence dans le quotidien, le manque de mots pour exprimer ses sentiments.

Avant d’être un père sénile, vulgaire et cruel, Willis fut un homme aimant. Le premier plan du film montre son regard et sa caresse d’une douceur infinie pour sa femme endormie dans la voiture et les précautions qu’il prend pour la réveiller. Mais on comprend rapidement, aux premiers mots envers son bébé, que son affection sera rude et limitée dans son objet et dans son expression.

Alors que John, son fils adulte, fait tout pour rendre les derniers de sa vie plus confortables et plus apaisés, la violence reste de mise . Elle a grandi elle aussi, avec le temps et les frustrations. Les mots racistes, cruels envers les femmes de sa vie, ses enfants et petits-enfants, envers un société selon lui trop libérale, sont les seuls qu’il parvient encore et encore à exprimer. Face à lui, le regard et les gestes doux de son fils. Inlassablement. Accepter cet héritage de violence, comme un écho à « History of Violence » où Cronenberg confiait à Viggo Mortensen le rôle d’une homme paisible dans une vie campagnarde rattrapé par son passé. L’accepter, car la vie est telle et qu’elle nous inflige des choses brutales contre lesquelles on ne peut pas grand-chose à part se marier avec l’être aimé, élever du mieux possible une petite fille mexicaine, piloter au-dessus des nuages, boire sobrement, prendre soin de son jardin . Prendre soin de soi et des autres.

Le film ma fait l’effet d’un Terence Malik  mais avec des dialogues : la nature et sa beauté permanente, l’amour, la famille, les saisons de la vie. Beaucoup de personnel dans ce premier film de Mortensen, on lui excuse donc quelques petites longueurs et quelques répétitions, notamment dans la vulgarité cruelle du père. Elle est tempérée par les instantanés de nature, de rivière, de forêt.

Pour avoir vécu une situation parallèle, mais beaucoup plus apaisée,  je comprends sa volonté de saisir tout ce que l’on peut des derniers instants, même si c’est injuste, douloureux ou obscène. Ne pas avoir de regrets.

HUMEURS, LES FILEUSES

Rencontre avec Mélanie, Fondatrice de Hane Coaching

J’ai rencontré Mélanie dans une autre vie professionnelle. Nous étions chacune Responsable d’un centre de services à la personne, elle sur Nîmes, moi sur Montpellier. Et dès notre première rencontre, le courant est passé. Au cours des ces années là, ce fut un réel plaisir de travailler, d’échanger, de dîner avec elle. Bref une complicité professionnelle a perduré au delà de cette expérience et me permet aujourd’hui de la compter dans ma tribu, la tribu des Fileuses* ! Mélanie, passionnée de Relations Humaines a ouvert il y a cinq ans son cabinet HANE COACHING, avec une approche traditionnelle, mais en y injectant sa petite touche décalée.

J’ai profité du confinement pour prendre le temps de lui poser quelques questions . Portrait d’une Fileuse, délicate, enthousiaste, pleine d’énergie.

Mélanie c’est quoi, pour toi, être une Fileuse ?

HUMEURS, SLOW LIFE

Confinement : et si vous vous mettiez aux MOOC ?

La crise sanitaire qui nous contraint chez nous a stimulé une foule d’initiatives solidaires, créatives, artistiques. Mais elle a également remis sur le devant de la scène des dispositifs d’apprentissage jusque là un peu mal-aimés : les MOOC.

Mais au fait, c’est quoi un MOOC?

Un MOOC est une plateforme numérique d’apprentissage : Massive Open Online Courses, – que l’on pourrait traduire en français par le gracieux « FLOM » : Formation en Ligne Ouverte Massivement- qui permet à chacun de se former sur de multiples sujets, quel que soit son niveau d’études, ou son pays. Que ce soit par motivation personnelle ou afin d’enrichir son CV, les MOOC sont aujourd’hui une bonne alternative aux formations classiques. Ils permettent de se former à son rythme, n’importe où et à moindre coût.

HUMEURS

Belle journée – confinée – de l’Art!

Avant la crise sanitaire, dans une autre vie pour ainsi dire, les rédacteurs web, Community Managers et autres métiers de la Communication, nous aimions à célébrer les fameuses journées internationales de …… Mais la crise a tout bousculé et a balayé les grands marronniers éditoriaux. Il n’en reste pas moins qu’aujourd’hui 15 avril, à l’occasion de la journée internationale de l’Art, je me suis souvenue d’un vieil article du blog qui traitait des « prescriptions de visites de musées sur ordonnance » pour les malades et leurs proches aidants. Alors, bien sûr, à l’heure du confinement, tout cela n’est plus d’actualité.

Mais j’ai une pensée pour les malades chroniques et leurs proches aidants, à la joie et aux instants de bonheur

que peut instiller l’art dans une journée doublement confinée et, vous propose de visiter virtuellement quelques prestigieux musées et expositions inspirantes.

L’exposition Pompéi prévue au Grand Palais pour cette fin mars et reportée à …? que je vous propose de découvrir en cliquant ici.

Comment, bien sûr, ne pas songer au Louvre, dont les fréquentations virtuelles battent tous les records .

Domenico Ghirlandaio,
Portrait de jeune homme

Et puis, en tant que Montpelliéraine, c’est avec un plaisir chauvin que je vous invite dans le deuxième musée français le plus fréquenté, au musée Fabre qui accueille – jusqu’au 26 avril – l’exposition temporaire consacré au peintre Jean Ranc (1674-1735), notamment portraitiste officiel des cours d’Espagne et du Portugal. Vous pouvez retrouver virtuellement, à partir du vendredi 17 avril, cette exposition et choisir d’y passer de 5 minutes à 2h, en cliquant https://impakt-360.com/realisation-musee-fabre

Enfin, je souhaiterais terminer cette invitation par le partage de photos prises lors de l’exposition Kiki Smith, peintre, sculptrice, graveuse américaine, que j’ai eu la grande chance de pouvoir admirer en janvier à la Monnaie de Paris.

HUMEURS, RESEAU ASSOCIATIF

Cap sur le 11 mai en bonne santé !

Depuis le début de la crise sanitaire, les initiatives solidaires fleurissent un peu partout. Pour que le « FILENTRENOUS » soit à la hauteur de son nom, je relaie dans ce blog les initiatives susceptibles d’aider les plus isolés, les plus vulnérables.

Aujourd’hui, je vous propose le site de SIELBLEU qui propose des séances de sport pour les plus fragiles, mais aussi des séances d’activités pour les familles ou encore les télétravailleurs, sans oublier les aidants et les soignants. Bravo et merci

Alors bonne séance!

Et n’oubliez pas, j’attends vos témoignages, conseils, informations et adresses utiles.

HUMEURS

Comment préserver son mental en temps de confinement?

Il est des mots qui remplissent l’actualité. Confinement est celui du moment. Nous, humains, terriens, vivons cette expérience collective et intime de manière très diverse : selon le niveau de développement de notre pays, d’information et d’action de notre gouvernement, de la taille de notre ville, de la connexion à la nature environnante, du confort de notre maison, de notre appartement, de notre propre capacité à adapter notre habituel fonctionnement psychologique.

Il y a de cela quatre ans, je me suis auto confinée dans une chambre de clinique pour veiller sur un être cher, puis, je me suis confinée dans le rôle d’aidant, puis dans le chagrin, puis j’ai été confinée dans la douleur morale et physique. De toute expérience douloureuse, il nous est promis des bouleversements, une nouvelle façon d’envisager sa vie, de nourrir son quotidien. Il nous est promis du mieux, sinon du bien. C’est ce que j’ai essayé d’extraire d’un chaos, tirer du positif, au moins des enseignements d’une expérience qui peut s’avérer insoutenable.

Accepter la situation

C’est sans doute, un des points les plus délicats. Mais c’est essentiel et fondateur.  

Lorsque l’on subit une situation difficile, imprévue, inédite, pour laquelle on n’a aucun repère habituel auquel se raccrocher, cela génère des questions, des angoisses, et une possible kyrielle de sentiments négatifs et exacerbés : colère, déni, énervement, irritabilité, qui alimentent eux-mêmes des situations encore plus tendues, avec son entourage (confiné) ou avec soi-même.  Alors, je sais, quand je parle d’accepter, ça peut sembler « Mantra pour les nuls » ou injonction facile, mais lorsque l’on y parvient, c’est réellement un bienfait et un apaisement.

Accepter : Bien plus facile à dire qu’à mettre en œuvre.

A un ami très grand fumeur qui essayait pour la énième fois de s’arrêter, un docteur avait dit « Vous verrez un jour, forcément vous vous arrêterez ! Autant que ce soit avant votre mort ». J’ose le parallèle, dans notre situation subie : à force de plaintes, de râleries, de colères et petits actes de rébellion (contre qui en vérité ?) contre-productifs, le constat s’impose de lui-même : on n’a pas vraiment le choix, on est contraint, de toute façon, il va bien falloir se résoudre à vivre cette situation selon les règles édictées.

On peut à ce sujet, relire les préceptes des stoïciens qui distinguent les choses qui dépendent de nous et sur lesquelles nous devons concentrer nos efforts, et d’un autre côté les choses qui ne dépendent pas de nous, contre lesquelles il est vain de lutter et que nous devons au contraire supporter et accepter, selon le principe de détachement. Mais nous y reviendrons plus tard

Alors, comment faire ?

S’il reste difficile de transiger avec la situation, on peut commencer par prendre acte de nos émotions, et accepter l’irruption même de tous ces sentiments nouveaux et vifs, ces comportements qui nous animent. Ne pas se voiler la face ni se mentir à soi-même. « Oui, j’ai beaucoup moins de patience que d’habitude ! » « Et oui, tu m’énerves, tu m’agaces » « Oui, j’en veux à la terre entière ».

Extérioriser : écrire, parler,…

Une fois cela posé, il existe plusieurs chemins menant à l’acception. Extérioriser est un outil précieux. Chacun l’utilisera à la manière qui lui correspond le mieux : crier, chanter, écrire, parler, courir, danser. Libérer le corps et la parole.

La méthode la plus « technique » ? Avoir recours à un psy . Par temps de confinement, la profession s’est mise à la téléconsultation. C’est très pratique, Doctolib, et autres plateformes médicales proposent d’assurer les rendez-vous en Visio, (sans oublier l’encaissement PayPal!) Mais ils ont aussi de plus en plus recours à des messageries grand public via Facebook ou Whats app , ou tout simplement ce bon vieil appel téléphonique pour les personnes non connectées.

En France, nous ne sommes traditionnellement pas portés sur l’aide psychologique. Cela ne fait pas partie de notre culture, contrairement aux anglo-saxons. L’enjeu est cependant de taille. Le directeur général de la Santé Jérôme Salomon a annoncé la création d’une cellule d’aide psychologique via le numéro vert 0800.130.000, afin d’aider les Français désemparés face à la menace épidémique du nouveau coronavirus et aux mesures drastiques du confinement.

Si vous n’êtes pas fan de la thérapie, je vous conseille vivement de recourir à un bavardage débridé avec votre meilleur-e ami-e (au phone bien sûr). Parler à ses ami-e-s a des vertus thérapeutiques indéniables. Au minimum, vous vous êtes reconnectés par la voix à de la bienveillance, de l’humour, de l’écoute. Et ces vertus de sororité ou de fraternité sont encore plus appréciables en temps chahuté.

Au moment où nous n’avons pas de date précise de cette sortie de déconfiture, (lapsus écrit, assumé et gardé), nous sommes un petit groupe d’amis à nous être fixés des retrouvailles le dernier week-end de juin; parenthèse qu’on essayait d’ailleurs de caler depuis longtemps! Comme quoi, on revoit l’ordre de ses priorités…. Cette perspective joyeuse est inscrite en bleu horizon dans mon agenda.

Et puis, il y a l’option du journal intime. Dans ce cas, vous parlez à votre meilleur meilleur ami : Vous ! Depuis le début de la crise, fleurissent toutes sortes d’initiatives pour tenir des journaux de confinement. Pour ma part, j’écoute le répondeur de France Inter (Le répondeur #Maviedeconfiné 01 56 40 68 68 ) et sur Instagram, je cède au plaisir régressif de celui d’Emmanuel Barré (Attention, humour noir et trash, à ne pas mettre entre toutes les oreilles, assez cynique, radical).

Depuis 4 ans, j’ai pris l’habitude d’écrire un journal intime et j’avoue que j’y trouve un précieux exutoire, un refuge.

Quand on a expulsé ses idées grises ou noires, quand on est parvenu à extérioriser ses négativités, une autre façon diamétralement opposé mais complémentaire consiste à se recentrer.

Méditer

Méditer pour s’accorder un moment, retrouver le calme, la paix intérieure.

La méditation est un rendez-vous avec soi-même, comme un cadeau précieux que l’on s’offre. Il permet de se recentrer sur l’essentiel, ses envies, ses désenvies. Bien sûr, si vous êtes novice, cela peut vous sembler difficile : se retrouver seul avec soi-même n’est pas forcément un exercice accessible. Ça nécessite un petit entrainement et un minimum de pratique pour y trouver du plaisir, un peu comme le jogging …Et puis, ça fait peut-être longtemps que vous n’avez pas eu cette opportunité.

Se retrouver seul, dans le silence, vous serez certainement assailli par un flot de pensées. Laissez-les venir ! ça fait partie du rituel. Et si vraiment, c’est trop difficile, vous trouverez sans peine des applications ou comptes proposant des méditations guidées. Depuis quelques temps, il en fleurit pas mal, plus ou moins inspirées et plus ou moins onéreuses…

Même si elle peut être sujet à critique ou raillerie de la part des médecines dites traditionnelles, il est avéré que la méditation  présente une première vertu physiologique : celle de poser sa respiration. Préalable à tout exercice, un moment « sas » pour (ré)apprendre à respirer. Sacrée pied de nez au virus qui s’attaque à nos poumons. Respirer calmement, sans se bloquer, c’est tellement bénéfique en période de stress ou de crises d’angoisses. S’il ne reste que cela, c’est déjà çà!

 Si vous parvenez à un premier lâcher prise et que vous vous découvrez des affinités avec cette pratique, vous pouvez prolonger par le Yoga, le Gi Gong, ou le Chakra Danse, qui prônent et développent l’harmonie entre corps et esprit, et donc l’équilibre intérieur.

Ne pas oublier que méditer, comme la plupart des activités qui nous font du bien, c’est prendre soin de soi pour pouvoir prendre soin des autres.

Se recentrer aussi grâce à ce qui nous fait du bien

Ca fait longtemps que vous n’avez pas dressé la liste de vos envies ? Pour ma part, cela commence toujours par un voyage, avec si possible plein de rencontres ou des retrouvailles avec des amis. Depuis ces dernière semaines, cette liste tourne dans ma tête. Elle est un peu brouillonne mais je vais me poser et la reformuler avec intention :  Y mettre plus de conscience et moins de caprices !

Mes priorités vont bien sûr aux retrouvailles avec ma famille et mes proches, mais ça, c’est le niveau non négociable, le niveau O. Quand je parle du niveau 1, celui de ce qui me ferait le plus plaisir (outre d’éliminer les kilos accumulés en confinement), ce sera toujours et encore un voyage. Bien que j’aie plusieurs destinations en tête, je vais me forcer à choisir et à me concentrer sur sa préparation :  recueillir des photos, des reportages, tracer un parcours, prévoir des rencontres artistiques, inspirantes, créatives.  

L’année suivant le décès de maman, j’ai battu mon record en terme de voyages. Je les ai enchainés et je ne pense pas que ce fut seulement une fuite en avant, je les ai chacun orchestrés avec un objectif d’incarnation personnelle : le Pérou avec mon père et mon neveu, Lisbonne avec deux très chères amies, Londres avec ma fille, Essaouira, Bristol. J’ai vu des paysages époustouflants et passé des moments inoubliables et intenses. Mais je me disais que j’avais vraiment exagéré sur mon empreinte carbone!! Voilà, je me suis fait rattraper par la patrouille. En tout cas, en ce moment, je voyage dans mon salon, j’ouvre les vieux carnets de route, je trie les photos de mon ordinateur, je prépare une sélection de celles à imprimer et garder toujours auprès de moi, pour de vrai. Petite digression , mais il n’y a pas que les voyages dans la vie…

Alors autorisez vous à dresser une folle liste non exhaustive de vos envies, ne vous censurez pas et vous verrez bien par laquelle vous allez commencer : voyager, mais aussi danser, chanter, peindre, cuisiner, jardiner, téléphoner, coudre, bricoler, lire, écrire, écouter, visionner de vieux films, succomber aux bienfaits de la sieste, revoir des dessins animés, regarder les fleurs pousser, concocter un apéritif, apprendre une langue étrangère, jouer d’un instrument, faire de la gym,pourquoi pas de la Pole dance ? …Comme c’est bon de faire des projets…

Enfin, comment se sentir utile et l’être!

Bien sûr, vous l’aurez compris, je parle de confinée à confinés. Je fais partie de cette moitié de l’humanité qui ne sort pas travailler, qui ne contribue pas opérationnellement à ce qu’elle continue à tourner bien rond .

Depuis le début de l’article, j’évoque des choses sur lesquelles nous pouvons agir, ou moins subir. Certaines peuvent sembler décalées ou futiles mais comme je l’évoquais, et comme je me le répétais souvent pendant mon expérience d’aidant, lorsque je culpabilisais, « On ne peut aider les autres que si on est soi même en forme ». Alors, partons du postulat que nous allons bien, que nous avons médité, visualisé et programmé la liste de vos envies, nous voilà fin prêts à œuvrer pour le bien être de la collectivité.

Comment faire sa part en temps de crise ?

Sans vouloir jouer les moralistes, ce n’est ni mon genre ni mon but, je pense qu’il est d’abord prioritaire de respecter les consignes #Restezchezvous, à laquelle nous injonctionne nos dirigeants et nous implore le personnel soignant. Cela me semble un minimum de respect envers leurs efforts colossaux et le travail titanesque qu’ils accomplissent jour et nuit.

Je pense que nous pouvons ensuite profiter de ce temps pour écouter notre entourage et, de fait, entendre les besoins et les attentes des uns et des autres : voisinage, personnes isolées, malades, vulnérables. La crise a mis à jour des situations cachées, banalisées et occultées par notre ancien rythme. Le temps nous est donné à partager avec ceux qui en ont le plus besoin,et être présent au vivant qui nous entoure.

Tel le colibri, l’occasion nous est donnée de faire notre part en fonction de notre situation, notre contexte de vie, nos capacités, nos aspirations. Choisissons une tâche, petite ou grande, chargeons là d’intentions et faisons de notre mieux.

Il est bien sûr aussi possible de soutenir une cause : financièrement via une association, (Fondation de France, Secours Populaire, Unicef, Un enfant par la main, …) ou en donnant de son temps auprès d’enfants de soignants, via le site En première ligne, d’aidants , de producteurs agricoles via la plateforme Desbraspourtonassiette.

Et puisqu’il y aura un après,

Enfin, pensons à l’après et conservons à l’esprit précieusement tout ce que ce bouleversement nous a inspiré, le tri que nous avons fait dans notre vie, les priorités, le beau, le triste, la conscience de la maladie et de la mort, la douleur du deuil mais aussi de la permanence de la nature, des liens qui libèrent, de la force de l’amitié, de l’apaisement du chant, des vertus des choses simples, de la joie du superflu aussi, de la nécessité du sport et de la vraie nourriture. Construisons-nous même le jour d’après, le mois d’après, notre vie idéale. Emparons-nous de la chose publique,

Ne la laissons pas aux profiteurs de guerre (dédicace particulière à la grande distribution, vers qui je garderai un regard attentif quant aux bonnes pratiques et à l’usage des bénéfices actuels), aux politiciens moralistes et égocentrés, aux opportunistes à la voix haute. Sachons garder à l’esprit mais aussi dans nos soutiens et nos gestes repensés, les personnes que nous applaudissons, que nous remercions, qui nous émeuvent, qui nous font rêver, qui nous parlent au cœur, soignants inconnus ou amis chéris . Construisons un « Après » idéaliste mais concret.

Toujours sur le sujet : sept conseils simple pour survivre à confinement 

* *

HUMEURS, SLOW LIFE

Cinq choses écolos à faire en temps de confinement

Même confiné dans son salon ou à son bureau de télétravail, il est encore possible de réaliser des actions en faveur de l’environnement.  Devant la baisse sensible de la pollution (depuis janvier : diminution de -62% de l’empreinte carbone des français), devant certains signes positifs du réveil de la nature et de certaines espèces animales, ce moment si particulier est peut être l’occasion rêvée et idéale pour cela.

Le plogging est un mot d’origine suédoise pour décrire l’activité de nettoyage citoyen qui combine jogging et ramassage de déchets.

Dans ce grand moment de confinement planétaire,

HUMEURS, SLOW LIFE

Éloge de la lenteur

A cette question d’un admirateur : Combien de temps avez-vous mis à faire ce dessin ?  « 60 ans !» avait répondu Picasso.

Avant le décret de confinement, nous tombions unanimement d’accord pour voir dans nos agendas saturés le premier marqueur d’une vie où le rythme effréné, l’urgence, la vitesse avaient pris le dessus. A cela, s’ajoutait la précipitation, la nécessité d’accélérer pour parvenir à tout réaliser. Une forme d’hyperactivité boulimique; un constat sans appel et une prise de conscience d’autant plus massive en ces temps de pandémie mondiale.

Les exemples ne manquent pas, tant dans nos obligations professionnelles que nos rendez-vous amicaux ou familiaux. Bien sûr, les contraintes de disponibilité propres à chacun sont indéniables mais il y a comme une forme d’injonction sociale, si ce n’est personnelle, à faire toujours plus, et aussi,… à le montrer!

Cet hiver la grève, et maintenant la crise sanitaire, nous clouent au sol, nous forcent à changer de braquet. Bien avant cela, dans mon cas, c’était un autre événement, beaucoup plus intime mais tout aussi sidérant qui me stoppa net.

Cher lecteur vous le savez, c’est la maladie soudaine et foudroyante de maman qui me conduisit à mettre ma vie entre parenthèses. L’état d’urgence intérieur mit fin à toute autre urgence. Quand la vie, ou plutôt quand la maladie vous contraint à ralentir, vous accordez une importance toute relative à vos priorités de la veille. Mais après l’avoir subi, j’ai pu apprécier à sa juste valeur, et définitivement adopté le mode « Slow Life ». C’est forte de cela que j’aimerais vous faire partager cette expérience très particulière.

Les vertus du ralentissement

Avec le confinement et ses répercussions, de plus en plus de voix s’élèvent pour voir dans ce soudain ralentissement général l’occasion de repenser en profondeur notre fonctionnement, re-tisser des liens, entre humains, ou nous relier à la nature. Nous reconnecter au vivant et aux choses simples.

Depuis le décret de notre mise sous cloche, les témoignages de tous horizons affluent :

·  Une amie m’a dit qu’elle allait enfin pouvoir apprendre à son fils de 4 ans à faire du vélo (bonne chance sur la terrasse !)

·  Le jardin de ma sœur est rose de plaisir à l’annonce de ses prochaines et régulières visites

·  Pour ma part, j’ai décidé de faire mon pain moi-même (quelle aventure!), de réaliser une nouvelle recette de cuisine par semaine (je ne crois guère à la durée de 15 jours annoncée), de finaliser ma future expo photos, dont le thème est…. « Slow life » et dans un tout autre registre de m’attaquer à l’histoire de ma famille.

·  Sur les réseaux sociaux, fleurissent de conseils de lecture, de visionnage de films, de visites de musée virtuelles, de cours de gym en live,…. Un coup de cœur tout particulier pour le spécialiste du confinement Thomas Pesquet, qui prodigue via les réseaux sociaux un foule de conseils utiles et ludiques.

Lenteur, luxe et création

Pourtant tout cela n’est pas nouveau. Bien avant l’arrivée de ce virus mondialisé, des réflexions de fond émergeaient et se voulaient de plus en en plus disruptives de nos modes de consommation. Parmi elles, le mouvement « Slow » qui, depuis quelques années, s’organise à travers le monde : Slow Food, Slow Travel, Slow Flower, et même Slow Fashion .

« J’ai le sentiment que nous vivons une époque d’accélération sans précédent. Le résultat de cette hâte est un appauvrissement de la création. Dans la mode, on a à peine fini une collection qu’on passe à une autre, puis à une autre,(…)  constatait le couturier Azzedine Alaïa, qui avait choisi de présenter ses collections quand elles étaient prêtes et non selon le calendrier fixé.  

Et si la lenteur, était la qualité de savoir jauger à sa juste valeur et profiter du temps qui nous était donné ? Et si c’était une autre manière de vivre, d’agir calmement après avoir longuement – ou rapidement – réfléchi. S’il nous était donné de pouvoir prendre le temps de faire les choses avec rondeur, harmonie, créativité ?

Résister

« Chacun son rythme, comme on dit. Je ne pense ni du mal , ni du bien de la lenteur ou de la vitesse. Ce qui ne va pas, c’est l’accélération aliénante, imposée; ces échéances toujours plus rapprochées, intenables. »

Dans « Rendre le monde indisponible » la philosophe Hartmud Rosa prône, non pas un éloge de la lenteur mais un regard indulgent sur les personnes lentes, qui vivent à leur propre diapason. « Les lents ont leur propre rapport au temps; en fait, ce sont des résistants. »

On en revient donc à cette notion de résistance, élevée à son plus haut point ces derniers jours avec la déclaration « d’état de guerre » mentionné à plusieurs reprises par le Chef de l’État.

Notre utilité sociale, notre productivité, se voit relativisées en temps de pandémie. On en appelle à notre créativité pour faire face à la réalité quotidienne du confinement. Qu’elle soit mise au service de l’éducation de nos enfants, de la protection des plus fragiles et isolés, ou pour soutenir le corps médical, on assiste à un renouveau de la pensée créative face au ralentissement de la cellule familiale, d’un pays, du monde. Et ça fait du bien….

Ouvrages de référence

  • « Prendre le temps »  Azzedine Alaïa et Donatien Grau . Actes Sud
  • « Éloge du retard » Hélène Heuillet – Albin Michel
  • « Rendre le monde indisponible » Hartmud Rosa – La découverte
  • « Les hommes lents, résister à la modernité » Laurent Vidal – Flammarion
HUMEURS

Dictionnaire Amoureux de l’Aidant : P comme Patrimoine

« Le Patrimoine » de Philip Roth, une histoire vraie.

Quatrième de couverture : Ce récit, écrit à la première personne, raconte la lente maladie du père de l’auteur âgé de quatre-vingt-six ans, sa lutte obstinée pour vaincre la tumeur au cerveau qui finira par l’emporter. Dans ce combat contre le drame de la vieillesse, le fils guide et assiste le père jusqu’à s’identifier à lui. Patrimoine est une histoire vraie (comme le précise le sous-titre) dont Herman, le père, plus encore que le fils, est le barde. Une histoire cruelle et émouvante, que l’intégrité d’Herman, son refus de l’héroïque et de l’édifiant préservent pourtant de la complaisance et du sentimentalisme. Un récit qui proclame l’infinie complexité et la permanence de la vie, la nécessité de se souvenir, de ne rien oublier, car « être vivant, c’est être fait de mémoire. Si un homme n’est pas fait de mémoire, il n’est fait de rien ». Une élégie d’horreur et de compassion, mais aussi d’amour.

J’ai longtemps repoussé la lecture de ce livre.

J’ai longtemps repoussé la lecture de ce livre. Mais une fois décidée, je l’ai lu d’une seule traite. Il m’a submergée. Par l’analogie de la trajectoire et les similitudes de caractères – autoritaires et peu ouverts – de nos ascendants. Une histoire de génération sans doute…

HUMEURS

Je m’étais pourtant promis de ne plus jamais travailler dans la « Com ».

Ah non, plus jamais ça ! Je m’étais pourtant promis de ne plus jamais travailler dans la « Com ».

Mon premier job : Chargée de communication, dans une entreprise de Travaux Publics. Pour démarrer dans la vie active, vous conviendrez qu’il y a plus confortable.

Petite mais agile, je m’y suis fait une place, aussi bien sur les chantiers – j’organisais de nombreuses conférences de presse pour les inaugurations de tronçons d’autoroutes, ouvrages d’art, … – qu’au sein même de l’entreprise, bien blottie juste à portée de main du Directoire 😉.

Avec le recul, je me dis que l’époque était sympa, nous étions investis, l’entreprise exigeait beaucoup mais l’avenir nous semblait prometteur et puis, nous étions précurseurs : le journal interne était conçu par un dessinateur BD en mode ludique pour traiter une réalité parfois rugueuse et terriblement concrète.

Un des volets du job était de représenter le Directoire lors de réunions de mécènes. A l’époque, le sponsoring culturel était très en vogue et sur la place de Montpellier, on avait plutôt l’embarras du choix pour les festivals estivaux : Printemps des Comédiens, Montpellier Danse, Festival Radio France.

Bref, les missions étaient riches et variées. Mais au début de ma carrière, j’étais assoiffée de contenu, en quête de sens, et je ne trouvais pas mon compte dans la communication; J’y voyais seulement l’écume des choses, un léger reflet des actions concrètes réalisées.

Depuis, j’ai mis du fond dans la forme, j’ai rempli ma besace de chiffres (au contrôle de gestion puis au service crédit d’une banque), j’ai ouvert des magasins, j’ai managé des commerciaux, j’ai monté des plannings pour du service à la personne, j’ai enseigné l’anglais, j’ai rédigé des cahiers des charges, j’ai créé mon entreprise de formation, tout ça pour finalement revenir à mes premières amours : la « com », dans le secteur du vin, par le prisme de la communication corporate et surtout du digital.

J’ai trouvé que la discipline avait autant évolué que moi, qu’elle s’était professionnalisée, mais pas dénuée d’une approche ludique, et qu’elle était clairement porteuse de sens.

J’ai ouvert un blog, pour commencer à écrire un épisode de ma vie personnelle, j’ai voulu en ouvrir un pour mon entreprise mais ils n’étaient pas prêts, et j’ai commencé à m’intéresser au storytelling. Que n’avais-je fait là ! C’est sans fin ! il y a tellement d’histoires incroyables à raconter : des rencontres, des territoires, des anecdotes, des produits, des échecs, des remontadas, des entreprises, des fleurs, des circuits courts, des levers de soleil, des familles, des CEO en plein questionnement, des engagements, des ambitieux, des bienveillants, des intègres, des malins, des sourires, des labels, des jeunes, des anciens, des transmissions, des espoirs.

Mea culpa, chère « Com », je ne te renie plus, je t’aime à nouveau et j’ai envie de passer beaucoup de temps avec toi. Alors, oui je me lance, je vais être Raconteuse d’histoires, Brand Content pour certains, Copywriter ou Chargée de Mise en récit pour d’autres, Communicante pour tous.